Murray Rothbard

Économiste et philosophe américain de premier plan, Murray Rothbard (1926-1995) est le principal théoricien moderne de l’anarcho-capitalisme, prônant une société fondée sur la propriété privée et l’absence totale d’État. Son œuvre monumentale de recherche s’étend bien au-delà de la théorie pure, notamment avec son travail d’historien dans Conceived in Liberty, où il analyse la Révolution américaine sous le prisme de la lutte entre liberté individuelle et pouvoir étatique.

Livres disponibles sur le site de l’Institut Coppet

L’Homme, l’Économie et l’État [Man, Economy and State]. 1962. — Cet ouvrage monumental de Murray Rothbard développe de manière systématique les principes de l’école autrichienne d’économie, en analysant l’action humaine depuis l’échange individuel jusqu’à la formation complexe des prix et de la production sur le marché libre. L’auteur y démontre la cohérence et l’efficacité des lois économiques naturelles tout en formulant une critique radicale de l’intervention de l’État, qu’il juge intrinsèquement nuisible et perturbatrice pour l’équilibre social et économique.

Pouvoir et marché [Power and Market]. 1970. — Dans Pouvoir et marché (suite de L’Homme, l’Économie et l’État) Murray Rothbard démontre que tous les services, y compris la défense et la justice, peuvent être fournis plus efficacement par le marché libre que par l’État, dont l’intervention est intrinsèquement violente et contre-productive. Il propose ainsi une analyse rigoureuse des conséquences économiques néfastes de la taxation et des différentes formes d’intervention de l’État, tout en réfutant les critiques éthiques couramment opposées à une société totalement libre

État, qu’as-tu fait de notre monnaie [Government, what have you done to our money?]. 1963. — Rothbard démontre comment la monnaie, née naturellement d’un processus de marché, a été progressivement monopolisée et dévaluée par l’État pour financer ses dépenses via l’inflation. Il plaide pour une séparation totale de l’État et de la monnaie, prônant un retour à un étalon-or pur pour garantir la stabilité économique et la liberté individuelle.

Dépressions économiques [Economic depressions]. 1969. — Les cycles économiques ne sont pas inhérents au marché libre, mais résultent des interventions étatiques qui stimulent artificiellement le crédit et manipulent les taux d’intérêt. Cette surabondance monétaire provoque des investissements erronés et excessifs dans les industries de production, rendant inévitable une phase de récession pour purger ces distorsions et rétablir l’équilibre économique

L’éducation gratuite et obligatoire [Education : free and compulsory]. 1979. Rothbard montre que chaque enfant étant unique quant à ses capacités et ses goûts, il convient plutôt d’adapter l’éducation à l’enfant, que l’enfant à l’éducation. Il expose ainsi une critique vigoureuse de l’éducation nationalisée telle qu’on la connaît de nos jours, l’accusant d’être inefficace, injuste et tyrannique. Il y défend la liberté de l’éducation et l’instauration d’un marché de l’éducation où écoles privées et éducation à la maison (homeschooling) pourraient enfin se développer.


Disponibles sous forme d’extraits. — Autres articles

Renouer avec la liberté [For a New Liberty]. 1973. — Ce texte de Murray Rothbard présente les principes fondamentaux du libertarisme, centrés sur l’axiome de non-agression et le respect absolu du droit de propriété, conçu comme une extension naturelle de la propriété de soi. L’auteur y dénonce l’État comme le principal agresseur historique, qualifiant ses actions habituelles — telles que l’impôt, la conscription ou la guerre — de vol, d’esclavage et de meurtre de masse

« Le problème du libre arbitre ». Extrait de L’individualisme et la philosophie des sciences sociales [Individualism and the Philosophy of Social Sciences]. (1973). — Murray Rothbard affirme que l’action humaine repose sur le libre arbitre et la conscience individuelle, rendant les méthodes quantitatives des sciences physiques inadaptées à l’étude de l’homme. Il prône ainsi l’individualisme méthodologique, soutenant que les structures sociales ne sont que des métaphores résultant des choix et des actions de personnes réelles.

« L’énergie nucléaire ». Extrait de La science, la technologie et l’État [Science, technology and governement]. 1959. — Murray Rothbard soutient que l’intervention étatique et le secret défense ont ralenti le progrès scientifique de l’énergie atomique, affirmant que les découvertes fondamentales proviennent initialement de recherches privées et indépendantes. Il préconise donc de mettre fin aux subventions et monopoles publics au profit du marché libre, seul capable d’assurer une allocation efficace des ressources.

L’anatomie de l’État [Anatomy of the State]. 1974. — Dans ce texte très court, Murray Rothbard définit l’État comme une organisation prédatrice qui utilise la force et la coercition pour confisquer la richesse produite par les citoyens. Il explique que pour maintenir ce monopole de la violence, l’État s’allie aux intellectuels afin de diffuser une idéologie rendant son pouvoir légitime, inévitable ou bienveillant aux yeux de la majorité.

« Détestez-vous l’État » [Do you Hate the State ?]. 1977. — Rothbard soutient que l’essence du véritable libertarien réside dans une hostilité morale et radicale envers l’État, perçu comme une organisation criminelle injustifiable. Il illustre cette position par l’expérience du « bouton magique », affirmant que l’on doit souhaiter l’abolition immédiate et totale de l’État plutôt que de se perdre dans des réformes graduelles ou utilitaristes.

« Six mythes au sujet du libertarianisme » [Six Myths About Libertarianism]. 1980. — L’auteur détruit six idées reçues courantes sur le libertarianisme en affirmant que cette philosophie n’est pas amorale ou égoïste, mais fondée sur un cadre juridique strict protégeant la propriété privée. Il soutient que loin de favoriser le chaos ou l’égoïsme, le libertarianisme propose une société organisée par des contrats volontaires et une éthique de non-agression contre les individus.

« Les nations par consentement : une décomposition de l’État-nation » [Nations By Consent: Decomposing the Nation-State]. 1994. — Rothbard propose de décomposer les États-nations centralisés et coercitifs en « nations par consentement », des entités plus petites et authentiques fondées sur l’autodétermination et les réalités culturelles ou ethniques. Il soutient que la privatisation totale du territoire et la décentralisation radicale permettraient de résoudre les conflits de frontières, d’immigration et de citoyenneté, en remplaçant la force étatique par des contrats privés et le consentement volontaire.


Projet en cours

Somme de livres de Murray Rothbard à paraître aux éditions de l’Institut Coppet (2026)

ÉCONOMIE

État qu’as-tu fait de notre monnaie?, suivi de Dépressions économiques (réédition) (préface par U. Fromy)
Le mystère de la banque [The Mystery of Banking] (préface par Y. de Mombynes)

HISTOIRE

Liberté contre Pouvoir : La naissance de l’Amérique [Conceived in Liberty], 5 volumes (préface par Benoît Malbranque)
La Grande Dépression : une analyse autrichienne [America’s Great Depression] (préface par K. F. Israel)

POLITIQUE

Stratégie pour une contre-offensive libérale (anthologie) (préface par Stéphane Geyres)
L’égalitarisme comme révolte contre la nature [Egalitarianism as a Revolt Against Nature, and Other Essays] (préface de R. Fillieule)


Études sur Murray Rothbard, son œuvre et sa pensée

« Murray Rothbard (1926-1995) », par Damien Theillier. — Étude synthétique. Murray Rothbard était un économiste et philosophe américain qui a théorisé l’anarcho-capitalisme en fondant la défense du marché libre sur une éthique radicale du droit naturel et de la propriété privée. Son système repose sur l’axiome de non-agression, désignant l’État comme un agresseur illégitime et prônant une société entièrement privatisée où les rapports humains sont régis par l’échange volontaire

Entretien sur l’Éthique de la liberté de Murray Rothbard, avec Jérémie Rostan. — Dans cet entretien, Jérémie Rostan décrypte pour l’Institut Coppet les principales thèses philosophiques contenues dans L’Éthique de la liberté et répond aux objections qui lui sont couramment adressées.

« Murray Rothbard, lecteur des économistes français », par Benoît Malbranque. — Cet article compare les analyses historiques de Murray Rothbard et de Joseph Schumpeter, soulignant que Rothbard réhabilite brillamment l’importance de la tradition économique française là où Schumpeter s’était montré plus sévère ou limité. À travers les exemples des physiocrates, de Turgot et de Bastiat, B. Malbranque montre que Rothbard reconnaît en ces penseurs des pionniers géniaux du laissez-faire et de l’analyse économique moderne