Vincent de Gournay (1712-1759), négociant et intendant du commerce, est l’un des fondateurs de l’économie politique en France au XVIIIe siècle. Premier grand théoricien de la liberté du travail, il a combattu le système des corporations et les règlements industriels de l’Ancien Régime, leur préférant l’initiative individuelle et la liberté. On résume sa pensée à la célèbre formule « laissez faire, laissez passer », mais son œuvre, longtemps perdue, et qui fait l’objet d’un important travail d’analyse depuis sa redécouverte, est en fait plus complexe.
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Ses Œuvres ont été publiées par l’Institut Coppet, en 1 volume.
Vincent de Gournay (1712-1759), maître à penser de toute une génération, qui en a retenu le caractère impeccable et le credo « laisser faire et laisser passer », est l’auteur d’une œuvre vaste, en grande partie perdue, et seulement récemment redécouverte, mais que cette édition accroît encore, avec la traduction d’un mémoire de Gournay sur la liberté du travail retrouvé en Suède. Des tiraillements évidents se font jour dans ces écrits, entre un programme de libéralisme économique à l’intérieur, et des velléités à peine voilées d’abaissement des nations rivales à l’extérieur, par tous les moyens économiques et politiques possibles. Ils s’expliquent, soutient Benoît Malbranque dans l’introduction, par les conditions des échanges internationaux du temps de l’auteur, en l’absence de toute sécurité en dehors des frontières des États-nations.
Études sur Vincent de Gournay, son action et sa pensée
Éloge de Gournay, par Turgot. 1759. — Tout à la fois philosophe, économiste et homme d’État, Turgot est l’un des grands personnages de notre histoire. Dans ce court texte écrit à la hâte en 1759, nous retrouvons la formulation la plus limpide et la plus précise des idées économiques libérales au siècle des Lumières, idées que Turgot et son maître Gournay partageaient, quoique avec des nuances.
Vincent de Gournay, par Gustave Schelle. 1897. — Spécialiste des économistes français du XVIIIe siècle, Gustave Schelle réhabilite Gournay et lui redonne place dans l’histoire de la pensée économique libérale. Ainsi qu’il l’écrit, « Vincent de Gournay est le premier qui ait entamé la lutte contre les procédés pédantesques des gouvernants et contre la cupidité particulière des protégés. Il a devancé Quesnay de quelques années, Turgot de près de vingt ans. »
Vincent de Gournay : l’économie politique du laissez-faire, par Benoît Malbranque. 2016. — Face à une société d’Ancien régime paralysée par l’excès d’impôts, de privilèges et de règlements, Gournay a combattu pour la liberté du travail, la liberté du commerce et l’égalité devant la loi. Dans ses écrits et dans son action d’intendant du commerce, il a inauguré le procès des corporations, des privilèges et des réglementations sur l’activité économique, tout en théorisant la supériorité du travail libre et de l’initiative individuelle.