Paul Leroy-Beaulieu

Journaliste, économiste et homme politique, Paul Leroy-Beaulieu est l’une des grandes figures du libéralisme français de la seconde moitié du XIXe siècle. Fondateur de l’Économiste français en 1873, il succède en 1880 à son beau-père, Michel Chevalier, à la chaire d’économie politique du Collège de France. Connu pour ses positions sur la colonisation, il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont L’État moderne et ses fonctions (1889).

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Ses principaux écrits sont disponibles sur le site de l’Institut Coppet :

L’État moderne et ses fonctions. 1889. — Trop rares sont les livres où un penseur majeur du libéralisme se pose la question cardinale du libéralisme, à savoir la délimitation de la sphère de l’individu et de l’association libre d’un côté, et celle de l’État dans ses différentes manifestations de l’autre. Cette étude si importante, Paul Leroy-Beaulieu, à l’âge de la maturité, l’a accomplie en 1889. Avec une rigueur de principes qui n’exclut pas un certain pragmatisme, il étudie l’intervention de l’État dans un grand nombre de domaines. Ayant démystifié cette entité prodigieuse dont certains ont fait un Dieu après avoir chassé tous les autres, il montre le peu qu’on doit en attendre, et le secours beaucoup plus utile et plus précieux, en comparaison, de l’initiative individuelle et de l’association volontaire. On peut considérer ce livre comme l’un des meilleurs de toute la tradition libérale française.

Le collectivisme. 1884. — En 1884, au lendemain de la mort de Karl Marx, il faut être doué d’une certaine sagacité pour apercevoir à quoi ressemblera la société collectiviste, car les théoriciens du socialisme prétendument scientifique n’ont été que médiocrement précis à cet égard. Après une critique virulente de la société dite « capitalistique », ils laissent entrevoir à leurs adeptes un paradis d’abondance, de liberté et de paix, avec une assurance qui en impose et séduit les niais. Or, jugé avec les outils de la science, le système collectiviste s’évanouit en fumée, car il ne repose que sur des chimères. En pratique, conclut Paul Leroy-Beaulieu dans son livre prophétique, le collectivisme doit aboutir à la misère généralisée, car il supprime la « boussole » du prix et jette la production dans le chaos. Pour s’établir et se maintenir, il doit aboutir à la suppression de toutes les libertés humaines.

De la colonisation chez les peuples modernes. 1874. — Libéral authentique, Paul Leroy-Beaulieu n’en a pas moins été, pendant quarante ans, le défenseur attitré de la colonisation française. Cette cause sincère, il ne l’a pas embrassée par simple réflexe nationaliste : plutôt, elle est la manifestation, sur la scène internationale, de ce qu’on peut appeler son « libéralisme identitaire », et qui prit d’autres formes, dans les questions sociales et économiques, comme le soutien à la natalité française et le rejet de l’immigration étrangère. — Dans ce volume nous reproduisons la première édition de son grand livre, De la colonisation chez les peuples modernes, parue en 1874. — Un second volume suivra, contenant des extraits des cinq éditions subséquentes (1882, 1886, 1891, 1902, 1908), et permettant de comprendre plus finement l’engagement colonial de l’auteur, devant le spectacle, par exemple, de l’abaissement systématique des indigènes, qu’il condamnait fermement.

Essai sur la répartition des richesses et sur la tendance à une moindre inégalité des conditions. 1881. — Paul Leroy-Beaulieu réfute les théories pessimistes de l’économie classique et du socialisme en affirmant que les lois naturelles du marché favorisent en fait une réduction progressive des inégalités. Il soutient, sur la base d’observations expérimentales, que le progrès industriel et la civilisation améliorent la condition du plus grand nombre tout en stabilisant et nivelant les fortunes.

Les guerres contemporaines. 1869. — En 1869, l’avenir est sombre, mais les pacifistes français menés par Frédéric Passy notamment, n’ont pas perdu courage. Dans cet ouvrage, le jeune Paul Leroy-Beaulieu analyse méthodiquement les guerres récentes, sur lesquelles les documents statistiques sont abondants. Il montre que la guerre gaspille les hommes et les capitaux, pour des prétextes futiles ; que par conséquent, construire la paix sur des bases durables, par le commerce et par le droit, n’a jamais été aussi urgent.

Le travail des femmes au XIXe siècle. 1873. — En 1870, le libéralisme français fait encore un accueil mitigé aux théories féministes qui, depuis plusieurs décennies déjà, se développent et s’affirment. Cette année-là, un concours de l’Académie des sciences morales et politiques récompense un mémoire du jeune Paul Leroy-Beaulieu, dont la sensibilité généreuse se mêle à une rigueur théorique digne d’éloge, et qui réconcilie la tradition de pensée du libéralisme français avec les revendications des droits des femmes. Dans son étude sur le travail des femmes, il étudie l’ouvrière dans ses métiers de prédilection, examine sa condition et les causes de son abaissement moral et économique. Pour elle, il demande de la reconnaissance, mais surtout des garanties plus grandes pour sa liberté.

La question de la population. 1913. — Critique de la théorie classique héritée Malthus et restée étonnamment populaire parmi les libéraux français. Leroy-Beaulieu affirme au contraire que le véritable danger pour les sociétés modernes n’est pas la surpopulation, mais le déclin de la natalité, suite des progrès du bien-être et de la démocratie. Il analyse particulièrement le cas de la France et met en garde contre un risque de « dénationalisation » si la faible natalité est résorbée par l’immigration étrangère.


Supplément

Archives et correspondance de Paul Leroy-Beaulieu. — Peu étudiées jusqu’à ce jour, les archives de Paul Leroy-Beaulieu, conservées par la famille, permettent une compréhension plus fine des idées, des ouvrages et de l’action politique de ce penseur libéral extrêmement fécond et influent. Ce n’est pas un simple sommaire qu’on trouvera dans ce livre, mais des extraits étendus, commentés, permettant un accès facile à une masse documentaire considérable, qui promet des découvertes nombreuses et curieuses.