Nicolas Baudeau (1730-1792), physiocrate, fut le fondateur et premier directeur des Éphémérides du Citoyen, un périodique essentiel pour la diffusion des idées économiques de son époque. Bien qu’initialement partisan de l’intervention de l’État, il s’est converti au libéralisme radical, devenant un défenseur acharné de la propriété privée et de la liberté absolue du commerce. Sa contribution majeure réside dans sa formulation précoce de l’harmonie des intérêts et de la division du travail, anticipant ainsi des concepts clés attribués plus tard à Adam Smith.
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Ses Œuvres sont en cours de publication aux éditions de l’Institut Coppet :
Dans le premier volume de ses Œuvres sont compilés ses travaux sur l’histoire, la fiscalité, le commerce, le soulagement de la pauvreté, qui précèdent le lancement des Éphémérides et sa conversion à la physiocratie. S’y découvre un humanisme chrétien, que Baudeau a plus tard incorporé à son libéralisme économique radical.
Autres écrits de Nicolas Baudeau disponibles sur le site de l’Institut Coppet
Introduction à la philosophie économique ou Analyse des États policés. 1771. — L’une des meilleures synthèses de la doctrine physiocratique portée par François Quesnay et les économistes français ses émules. On trouve cependant aussi, et peut-être surtout, dans cet exposé, une défense rigoureuse du libéralisme, fondée sur des définitions claires de la liberté et de la propriété, ainsi que l’intuition d’idées plus tard associées à d’autres personnalités cardinales du courant, comme Frédéric Bastiat.
Exposition de la loi naturelle. 1767. — Dans ce texte de 1767, Baudeau part à la recherche des fondements du droit naturel, et la vraie base des lois positives. C’est dans le besoin qu’a chaque homme de tirer de son travail sa subsistance de chaque jour, que repose, en dernière analyse, l’origine de la liberté et de la propriété. Ces bases réelles de toute société nécessitent encore une autorité supérieure dont la mission seule et unique est de les protéger des atteintes intérieures et extérieures.
Résultats de la liberté parfaite et de l’immunité absolue du commerce des grains, de la farine et du pain, et conséquences pratiques de ces résultats, 1768. — Devant les mauvaises récoltes, les partisans des anciens monopoles et restrictions, malheureux de ne plus tirer profit de leurs privilèges, agitent le peuple et cherchent à le convaincre que la liberté du commerce est une politique funeste. Contre ces cris, qui sont pour lui des erreurs, Nicolas Baudeau reproduit à nouveau la défense de la liberté du commerce et indique les solutions que le marché et la concurrence peuvent seuls fournir.
Éclaircissements demandés à M. N*** [Necker], au nom des propriétaires fonciers et des cultivateurs français. 1775. — Au nom des économistes physiocrates, Baudeau signe cette critique rigoureuse des idées de Necker sur l’économie politique et la législation des grains. Il y défend la propriété foncière et la liberté du commerce comme les véritables piliers de la prospérité nationale, s’opposant ainsi aux systèmes réglementaires de Necker qu’il juge fondés sur des erreurs dangereuses.
Correspondance entre M. Graslin et M. l’abbé Baudeau sur un des principes fondamentaux de la doctrine des philosophes économistes. 1777. — En 1777, l’économiste Graslin publie en brochure la discussion critique échangée dix ans auparavant entre lui-même et le physiocrate Baudeau. Il s’agissait alors du premier livre de controverse économique de l’histoire. Dans cette discussion (arrangée éditorialement par Graslin, qui prit quelques libertés) les deux économistes débattaient tout d’abord de la question de la productivité de l’industrie ; la discussion passait ensuite sur le thème du progrès technique et du sort des ouvriers remplacés par les inventions nouvelles.
Études sur Nicolas Baudeau, sa vie et ses écrits
« Nicolas Baudeau », par Benoît Malbranque (Dictionnaire de la tradition libérale française). — Souvent présenté comme un modeste disciple, Baudeau a défendu avec une ferveur humaniste un libéralisme radical, prônant la liberté totale du commerce et anticipant des concepts comme la division du travail et l’harmonie des intérêts. Sa place est marquée dans l’histoire de la science économique et du libéralisme.
« Nicolas Baudeau, physiocrate, fondateur des Éphémérides du Citoyen », par Benoît Malbranque (YouTube, 29 minutes). — À Chancelade, où il a été formé et a vécu comme chanoine régulier, nous revenons sur l’abbé Nicolas Baudeau, physiocrate, défenseur de la propriété et des libertés, qu’il a étudié du point de vue philosophique et économique. Auteur de nombreux ouvrages et fondateur premier du périodique les Éphémérides du Citoyen, il a laissé une trace réelle dans l’histoire de la pensée libérale en France et à l’étranger.