Ludwig von Mises

Ludwig von Mises (1881-1973) est le plus grand représentant de l’École autrichienne d’économie au XXe siècle. Il est resté célèbre pour sa défense rigoureuse du libéralisme classique et sa critique du socialisme, qu’il jugeait économiquement impossible en l’absence de prix de marché pour guider le calcul économique. Son approche repose sur la praxéologie, une méthode déductive qui analyse l’économie à travers le prisme de l’action humaine individuelle et rationnelle. Son œuvre majeure, L’Action humaine, reste aujourd’hui un pilier intellectuel pour les partisans du libre-marché et de la liberté individuelle.

 

Livres disponibles aux éditions de l’Institut Coppet

Théorie de la monnaie et des moyens de circulation [Theorie des Geldes und der Umlaufsmittel]. 1912. [à paraître]

Nation, État et Économie [Nation, Staat und Wirtschaft]. 1919. — En 1919, après avoir dû quitter le confort de la scène intellectuelle de Vienne pour rejoindre le front des combats, Ludwig von Mises revient à ses activités et prépare un ouvrage, Nation, Staat und Wirtschaft (Nation, État et Économie) dans lequel il entend tirer les leçons de la Première Guerre mondiale, redresser les conceptions erronées que les hommes se sont faites sur la nation, et fixer la voie pour un avenir plus radieux.

Le calcul économique en régime socialiste [Die Wirtschaftsrechnung im sozialistischen Gemeinwesen]. 1920. — Dans cette brochure, Mises développe à fond une question de principe, celle de la possibilité ou de l’impossibilité d’un régime économique où la propriété privée des moyens de production était abolie. Car telle était, en ce temps là, la revendication fondamentale des marxistes et des communistes qui, après la Révolution russe, avaient trouvé une nation sur laquelle faire porter leurs expériences. Mises n’eut nul besoin que le régime socialiste soviétique périclite et s’effondre pour démontrer les failles théoriques du communisme.

Le Socialisme [Die Gemeinwirtschaft]. 1922. — Dans cet ouvrage majeur, publié pour la première fois en 1919, Ludwig von Mises instruit le procès du socialisme d’après les principes de l’école autrichienne. Sa réfutation logique, reposant sur des arguments tant anciens que nouveaux, lui valut sa notoriété, et fut un jalon important dans l’histoire de la pensée. Dans l’immédiat, cependant, l’ouvrage ne parvint pas à enrayer la montée en puissance des totalitarismes inspirés par le socialisme, au cours du XXe siècle.

Le Libéralisme [Liberalismus]. 1927. — Publié en 1927, Le Libéralisme de Ludwig von Mises demeure l’une des plus brillantes présentations des principes libéraux jamais écrites. Dans ces pages, Mises y expose avec force et cohérence les fondements économiques, politiques et moraux d’une société libre. Ce texte majeur, d’une actualité saisissante, constitue sans doute l’ouvrage le plus complet et le plus convaincant pour comprendre l’esprit du libéralisme classique.

L’Interventionnisme [Interventionism : an economic analysis] (1940). 1998]. — Peut-on concilier marché libre et corrections ponctuelles de l’État ? Dans L’Interventionnisme, Ludwig von Mises analyse comment chaque intervention modifie les signaux économiques et entraîne de nouvelles mesures pour en compenser les effets. Il y met en lumière — et dénonce — les incohérences de la prétendue « troisième voie », censée se situer entre marché et socialisme. Un texte important qui interroge sur les limites et les implications des politiques interventionnistes.

Le Gouvernement omnipotent. De l’État totalitaire à la guerre totale. [Omnipotent government]. 1944. — Publié en 1944, Le Gouvernement omnipotent est l’un des ouvrages les plus lucides de Ludwig von Mises sur la montée du totalitarisme au XXᵉ siècle. Mises y démontre que la guerre, le nationalisme économique et la planification étatique procèdent d’une même racine intellectuelle : la croyance dans l’omnipotence du gouvernement. Contre cette illusion, il défend la société libre fondée sur la coopération volontaire et pacifique dans le cadre de la division (internationale) du travail. Ce livre est à la fois une analyse historique des dérives collectivistes et un plaidoyer vigoureux pour le libéralisme classique.

La Bureaucratie [Bureaucracy]. 1944. — Publié en 1944, La Bureaucratie explore comment les principes de l’analyse économique peuvent éclairer le fonctionnement des institutions non marchandes. Ludwig von Mises y examine le comportement des bureaucrates en utilisant la même « boîte à outils » que celle employée par l’économiste pour analyser les choix des consommateurs et des producteurs. Loin de réduire la bureaucratie à un destin fatal ou à un vice moral, il la présente comme une réponse nécessaire là où les prix ne peuvent guider l’action, et comme inefficace lorsque les prix pourraient remplir ce rôle.

Le Chaos du planisme [Planned Chaos]. 1947. — Dans Le chaos du planisme, Ludwig von Mises examine l’idée selon laquelle l’action gouvernementale pourrait organiser la production et la société de manière plus juste et plus efficace. Il soutient au contraire que, sans propriété privée et sans prix libres, la planification économique se prive des repères nécessaires à la coordination des actions humaines. À travers cette critique du planisme, Mises esquisse une réflexion plus large sur l’ordre social moderne et les conditions de toute coopération rationnelle entre les individus.

L’Action humaine. Traité d’économie [Human Action]. 1949.L’Action humaine est l’œuvre maîtresse de Ludwig von Mises, la somme intellectuelle d’une vie consacrée à l’étude de l’économie et de la société. Dans cet ouvrage, Mises parvient à embrasser et articuler avec une cohérence remarquable l’ensemble de sa pensée, offrant au lecteur bien plus qu’une simple synthèse : un véritable manuel de l’école autrichienne, d’une profondeur conceptuelle inégalée. À la fois traité, guide et source inépuisable de réflexion, L’Action humaine demeure l’un des sommets de la pensée libérale et économique moderne.

Planifier la liberté et autres essais [Planning for Freedom and other essays]. 1952. — Dans ce recueil d’essais, Ludwig von Mises propose une introduction claire et rigoureuse à sa critique de deux phénomènes qu’il juge centraux : la planification économique et l’interventionnisme étatique. Il y expose les conditions du calcul économique et montre comment les politiques publiques altèrent les mécanismes de coordination du marché.

La Mentalité anti-capitaliste [The Anti-Capitalistic Mentality]. 1956. — Publié en 1956, La Mentalité anticapitaliste est l’un des essais les plus singuliers de Ludwig von Mises. Loin des démonstrations économiques de ses grands traités, Mises y explore les ressorts psychologiques et sociaux de l’hostilité envers le capitalisme. Il y montre que cette haine n’est pas fondée sur la raison, mais sur le ressentiment : celui d’individus frustrés par les exigences impersonnelles du marché.

Théorie et Histoire [Theory and History]. 1957. — « Le quatrième et dernier grand ouvrage de Mises, Théorie et Histoire (1957) », note justement Murray Rothbard, « a eu remarquablement peu d’impact et a rarement été cité, même par les jeunes économistes du récent renouveau autrichien. Il reste de loin le chef-d’œuvre le plus négligé de Mises. Et pourtant il fournit le soubassement philosophique et l’élaboration de la philosophie sous-tendant l’Action humaine. C’est la grande œuvre méthodologique de Mises, qui explique la base de son approche de l’économie et qui offre des critiques étincelantes de solution de rechange aussi fallacieuses que l’historicisme, le scientisme et le matérialisme dialectique marxiste. »

Les fondements ultimes de la science économique [The ultimate foundation of Economic science]. 1978. — Ce dernier ouvrage de Ludwig von Mises propose une réflexion sur les fondements de la science économique, centrée sur l’action humaine. Dans un contexte où les modèles empiriques dominent, Mises défend une approche logico-déductive et a priori, fidèle à la praxéologie. L’ouvrage offre une perspective hétérodoxe sur la recherche en sciences sociales et ouvre la voie à l’application de la logique de l’action dans d’autres domaines. Un testament intellectuel toujours capable d’éclairer la compréhension de l’échange et des institutions qui le rendent possible.

Mémoires, ou Souvenirs d’Europe [Notes and Recollections]. (1940). 1978. — Affirmer que la biographie d’un auteur éclaire sa pensée relève presque de l’évidence. Ce témoignage autobiographique — si l’on peut le qualifier ainsi — revêt cependant une importance tout à fait particulière, car il nous plonge dans le contexte politique et institutionnel dans lequel Mises a évolué. Dans cette perspective, la biographie devient une clef de lecture indispensable pour comprendre pleinement la portée et la cohérence profondes de son message.

Politique économique. Réflexions pour aujourd’hui et pour demain (aussi connu sous le nom de : Six leçons) [Economic Policy: Thoughts for today and tomorrow]. 1978. — Dans Politique économique : leçons pour aujourd’hui et pour demain (1978), Ludwig von Mises expose avec clarté les principes d’une politique économique fondée sur la liberté et la coopération volontaire. Ces six leçons offrent une introduction vivante à sa pensée et rappellent que le libéralisme n’est pas une critique, mais une voie positive pour comprendre et orienter l’action économique.

Monnaie, méthode et marché [Money, Method and the Market Process]. 1990. [à paraître]


Articles sur Ludwig von Mises et son œuvre, disponibles sur le site de l’Institut Coppet

« Ludwig von Mises défenseur du capitalisme », par George Reisman (traduit par Jacques Peter). — Mises fut un défenseur acharné d’un capitalisme pur, qu’il considère non seulement comme le système économique le plus efficace, mais surtout comme le seul garant des libertés individuelles face à l’étatisme. Il a démontré que toute intervention gouvernementale perturbe les mécanismes naturels du marché et finit inévitablement par appauvrir la société tout en menaçant la démocratie.

« Mises et l’école autrichienne : un point de vue personnel », par Ron Paul (traduit par Benoît Malbranque). — Ron Paul témoigne de l’influence intellectuelle décisive de Ludwig von Mises sur sa propre carrière, soulignant comment la rigueur de la théorie autrichienne permet de comprendre les crises économiques causées par l’interventionnisme étatique. Il plaide pour une redécouverte de ces principes afin de préserver les libertés individuelles et de restaurer une monnaie saine face aux dérives des banques centrales.

« Le libéralisme de Mises », par Thomas Woods (traduit par Will Conquer). Woods présente le libéralisme de Mises comme une doctrine fondée sur la propriété privée et la coopération sociale, visant à garantir la paix et l’augmentation du niveau de vie pour tous. Il souligne que, pour Mises, la liberté économique est le rempart indispensable contre la tyrannie politique, car elle seule permet l’épanouissement des autres libertés individuelles.

Lettre de Mises à Ayn Rand pour la parution d’Atlas Shrugged (traduit par Marion Geyres). — Dans ce courrier admiratif, Ludwig von Mises félicite Ayn Rand pour avoir brillamment dénoncé la morale des « pillards » et le parasitisme étatique qui étouffent les créateurs de richesses. Il salue la force de son plaidoyer en faveur de la supériorité intellectuelle et morale du capitalisme, y voyant une arme décisive contre l’influence des idées socialistes.

« La diffusion de l’œuvre de Ludwig von Mises en Corée du Sud », par Benoît Malbranque. — Sur l’influence croissante des idées de l’économiste autrichien Ludwig von Mises en Corée du Sud, un pays passé de la pauvreté à la prospérité grâce à l’adoption progressive des principes de libre marché. B. Malbranque souligne notamment le rôle crucial du professeur Byung-An Chun et de l’Institut pour la Liberté dans la traduction et la diffusion de l’œuvre monumentale L’Action Humaine auprès du public coréen.


Autres ressources

« Ludwig von Mises : vie, œuvre et pensée économique ». Entretien d’Ulrich Fromy (Café Viennois) avec Benoît Malbranque, Damien Theillier et Leonardo de Vio (YouTube, 1h45). — Cette conversation explore l’œuvre de Ludwig von Mises, un des plus grands économistes de l’école autrichienne, ainsi que l’Institut Coppet qui œuvre pour la redécouverte des penseurs libéraux français et autrichiens. Dans ce live, nous explorons la vie et l’œuvre de Ludwig von Mises et l’héritage de l’école autrichienne et son impact sur la pensée économique contemporaine.