Louis-Paul Abeille

Le physiocrate Louis-Paul Abeille (1719-1807) n’a jamais accordé beaucoup d’attention aux soi-disant points clés du programme physiocratique, le produit net, la productivité unique des terres, l’impôt unique sur les propriétaires, le despotisme légal ; on peut même douter s’il partageait ces idées. Dans ses écrits, il préférait insister sur le laisser-faire et le laisser-passer, sur l’intérêt personnel, sur la propriété privée, et sur cette liberté du commerce qu’il voulait toujours « pleine et entière », c’est-à-dire illimitée. Son œuvre, qui poursuit celle de Gournay, et annonce celles de Turgot, de J.-B. Say et de Bastiat, reste étonnamment moderne.

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Les Écrits physiocratiques d’Abeille ont été publiés par l’Institut Coppet en 1 volume :

Cet ouvrage rassemble les principaux travaux de Louis-Paul Abeille, dans lequel ce physiocrate défend avec vigueur le libéralisme économique, prônant une liberté totale et illimitée du commerce, particulièrement pour les grains, afin de stimuler l’agriculture et la prospérité nationale. Avec son approche rigoureuse centrée sur la propriété privée et la concurrence, Abeille se distingue d’autres physiocrates qui préféraient les formules du « Tableau économique » et les idées directement héritées de Quesnay.


Études sur L.-P. Abeille, sa vie et ses écrits

« Louis-Paul Abeille », par Benoît Malbranque (Dictionnaire de la tradition libérale française). — Abeille est un économiste libéral majeur du XVIIIe siècle, dont la carrière a débuté par des travaux de synthèse juridique au Parlement de Bretagne avant de s’illustrer dans le mouvement physiocratique. À travers ses écrits, il défend rigoureusement le libre-échange et démontre « l’impossibilité du planisme », affirmant qu’organiser le marché est au-dessus des forces de tout gouvernement.

« Louis-Paul Abeille, une théorie du libre-échange entre A. Smith et F. A. Hayek », par Benoît Malbranque (YouTube, 3 minutes) — Économiste du XVIIIe siècle, Louis-Paul Abeille est aujourd’hui tout à fait oublié, y compris à Rennes, où il a vécu. Cependant, les arguments par lesquels il défend la liberté des échanges font de lui un précurseur à la fois d’Adam Smith et de Friedrich Hayek.