Économiste et surtout homme d’État français influent, Léon Say (1826-1896) — petit-fils de Jean-Baptiste Say — a marqué la IIIe République par son engagement indéfectible en faveur de l’orthodoxie budgétaire. Ministre des Finances à plusieurs reprises, il a contribué au libéralisme en défendant rigoureusement la liberté individuelle contre l’interventionnisme étatique, et en luttant activement contre la montée du socialisme collectiviste. Sa contribution majeure réside dans sa gestion pragmatique des finances publiques, notamment par le remboursement de l’indemnité de guerre après 1870.
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Nombre de ses écrits sont disponibles sur le site de l’Institut Coppet :
La politique des intérêts. 1883. — Rassemble deux discours prononcés à Lyon sur les liens nécessaires entre la politique et l’économie. Léon Say défend une vision libérale, prônant la limitation de l’intervention de l’État dans les affaires privées et le développement de l’initiative individuelle et de la liberté commerciale en France.
Le socialisme d’État. Conférences faites au Cercle Saint-Simon. 1884. — Analyse de l’expansion du socialisme d’État en Europe, particulièrement en Allemagne, en Angleterre et en Italie. L. Say souligne le danger d’une intervention croissante de l’autorité publique au détriment de l’initiative individuelle. Il plaide pour une étude rigoureuse des expériences étrangères afin de préserver la liberté et la responsabilité des citoyens face au courant centralisateur et socialiste qui menace la France.
« Le socialisme d’État ». Conférence du 10 novembre 1894. — Traite à nouveau du développement dangereux du socialisme révolutionnaire et utopique, qui entend renverser les bases de la société et fonder les rapports des hommes entre eux sur un nouveau modèle. À côté de cette menace bruyante mais moins immédiatement dangereuse, à cause même de ses exagérations, il y a le socialisme d’État : c’est la doctrine des accommodements, de l’intervention modérée, et de ce qu’on nommera la social-démocratie. Pour Léon Say, cette dernière frange du socialisme est plus dangereuse encore : en brisant dans tous les domaines les ressorts de la liberté et de l’initiative individuelle, elle fait un mal immense, et au lieu de contenir les progrès du socialisme radical, comme elle y prétend, elle lui donne de l’aliment et le soutient, jusqu’à risquer de le rendre dominant.
Contre le socialisme. 1896. — Cet ouvrage réunit deux discours dans lesquelles Léon Say s’oppose fermement aux doctrines socialistes, qu’il présente comme des menaces pour la liberté et la prospérité. Il défend une politique financière libérale basée sur l’impôt proportionnel, par opposition à l’impôt progressif qu’il considère comme un outil de destruction du capital et de la propriété.
Dix jours dans la Haute-Italie. 1883. — Léon Say relate son voyage dans la haute Italie, entrepris pour étudier le succès des institutions de crédit agricole et de la mutualité, notamment à travers le réseau des banques populaires et des caisses d’épargne. Il souligne l’efficacité de l’initiative privée et de la décentralisation financière qui, en s’appuyant sur l’épargne locale, favorisent le développement rapide de la richesse publique et de l’agriculture.
Turgot, par Léon Say. 1887. — Léon Say nous faire connaître, en un nombre de pages assez réduit, la vie, l’œuvre, et la pratique du pouvoir de Turgot, l’éternel modèle des libéraux. Il choisit de « traiter Turgot non en vaincu, mais en vainqueur ». Après des siècles d’études rabâchant inlassablement l’« échec » de Turgot à réformer la France — ce dont Edgar Faure a fourni un énième exemple dans La Disgrâce de Turgot (1961) —, la perspective s’avère assurément très rafraichissante, d’autant qu’elle est finement argumentée.