Jules Simon

Jules Simon (1814-1896) fut un intellectuel polyvalent, tour à tour philosophe, économiste, journaliste et homme d’État, qui a joué un rôle primordial dans l’établissement de la Troisième République française. Bien qu’il ait vigoureusement défendu la liberté de conscience et le suffrage universel, il occupait une place singulière et parfois isolée au sein du mouvement libéral en raison de sa fibre sociale et de son pragmatisme en faveur de l’intervention de l’État dans l’éducation et la protection des travailleurs. Il représente une figure de transition et de conciliation, qui par la pensée cherchait à concilier les principes de liberté individuelle avec les aspirations morales et sociales de son temps.

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Les principaux livres de Jules Simon sont disponibles sur le site de l’Institut Coppet :

La liberté de conscience. 1857. Jules Simon nous offre avec ce livre une histoire de la liberté de conscience — ou plutôt de l’intolérance religieuse, car de même qu’en politique le despotisme est ancien, et que c’est la liberté qui est moderne, de même en religion l’intolérance fut longtemps la règle : elle ne fut vaincue par la liberté de conscience que très tard et au prix des plus âpres batailles. Ce sont ces batailles, les unes célèbres, les autres fort oubliées, qui forment le fond de ce livre. On y revit, le cœur serré, les errements coupables de l’État et de l’Église, tous deux attachés à une conception très étriquée et très fausse de la foi, de la citoyenneté et de la liberté. On y mesure, avec un enthousiasme tempéré, la distance que nous avons parcourue, et les défis qui sont encore les nôtres.

La liberté civile. 1859. — Jules Simon soutient que la véritable liberté d’un peuple ne repose pas seulement sur ses institutions politiques, mais prend sa source dans les mœurs et dans l’éducation. Il examine ainsi les fondements de la société — la famille, la propriété, le travail et la conscience — pour démontrer que le respect du droit naturel et l’autonomie individuelle sont les seules garanties contre l’oppression et l’anarchie.

La liberté politique. 1859. — Dans ce troisième volet, Jules Simon soutient que la liberté individuelle est un droit naturel et un devoir moral qui doit impérativement servir de fondement à l’organisation de l’État. Il démontre que l’autorité politique n’est légitime que lorsqu’elle se limite à garantir la liberté et qu’elle travaille à rendre son intervention de moins en moins nécessaire, au profit de l’activité libre des citoyens.

L’Ouvrière. 1861. — Jules Simon étudie dans ce livre les conditions économiques et sociales des ouvrières, depuis l’avènement de la grande industrie et l’extinction du travail à domicile par les progrès du machinisme. Ces conditions nouvelles, il en expose les effets, bons et mauvais, actuels et futurs. En libéral conservateur, il place ses espérances, non dans l’assistance publique généralisée ou dans des atteintes portées au principe de la propriété, mais dans les mœurs et la structure familiale.

L’École. 1865. — Jules Simon défend l’idée que l’instruction populaire est le moteur essentiel du progrès social, de la prospérité et de la stabilité politique d’une nation. Il retrace l’histoire de l’enseignement en France et plaide en faveur d’un système d’instruction primaire obligatoire et gratuit, capable de transformer chaque citoyen en un acteur éclairé de la société moderne.