Guillaume-François Le Trosne (1728-1780) était un juriste et économiste français, membre éminent de l’école de pensée des Physiocrates aux côtés de Quesnay. Libéral radical, il prônait non seulement la liberté, mais la liberté pleine et entière, notamment sur la question du commerce des grains.
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Œuvres de Le Trosne, en 3 volumes (en cours de publication). — Volume 1 : Liberté et Concurrence (1750-1768) — Il y a plus d’un siècle, Gustave Schelle faisait cette remarque sur le physiocrate Le Trosne (1728-1780), qu’il « écrivit des articles qui, par leur verve, peuvent être rapprochés des pamphlets de Bastiat ». Cet éloge, qui n’est pas le plus petit des compliments, n’a peut-être jamais été écouté, ni compris comme il devait l’être — comme un appel à le lire et à l’étudier. Ambitionnant cette redécouverte, ce sont ces articles brillants, principalement, où l’élégance du style se mêle à la solidité des principes et aux mille ressources d’une pensée sans cesse en mouvement, que le présent volume donne à lire. S’ouvre ainsi une collection ambitieuse, préparée sur la base de toute la documentation disponible, par laquelle ce penseur retrouvera sa place dans le panthéon de la pensée libérale française.
Voir en outre une sélection d’écrits sur le libre-échange : La liberté du commerce des grains, toujours utile et jamais nuisible, suivi d’autres textes sur le libre-échange. — Entre 1765 et 1768, après d’autres auteurs à la notoriété fugitive, le physiocrate G.-F. Le Trosne entra lui aussi dans l’arène, pour défendre la liberté du commerce des grains, point central du programme économique du groupe de Quesnay. Il le fit avec fermeté, demandant toujours une liberté « pleine et entière », et en se fondant sur des principes que ses successeurs, immédiats comme Adam Smith, ou plus lointains comme F. A. Hayek, ont reproduits. Son zèle lui dicta même de nouveaux modes de discours, comme cette « Requête des rouliers d’Orléans », qui rappelle furieusement la « Pétition des fabricants de chandelle » de Frédéric Bastiat.
Autres textes disponibles sur le site de l’Institut Coppet
Les effets de l’impôt indirect, prouvés par les deux exemples de la gabelle et du tabac. 1770. — Exposé brillant et synthétique de la doctrine physiocratique sur l’impôt, qui aboutit à simplifier la fiscalité pour ne plus la faire servir qu’à la mission essentielle de l’État, à savoir la protection des propriétés. Le Trosne attaque les deux impôts indirects les plus destructifs, la gabelle ou impôt sur le sel, et le monopole du tabac. Il voudrait que l’impôt désormais ait une autre base, et qu’on puisse rendre à la liberté et à la concurrence ces deux branches d’activité.
Réflexions politiques sur la guerre actuelle de l’Angleterre avec ses colonies et sur l’état de la Russie. 1777. — En janvier 1777, dans cette brochure oubliée, le physiocrate Le Trosne commente avec enthousiasme les développements de l’indépendance des nouveaux États-Unis d’Amérique. Il prédit, à cette nation qui se donne des lois principalement fondées sur les bons principes, une prospérité et une force croissante, qui éblouiront le monde. Dans la seconde partie de son écrit, Le Trosne considère l’état de la Russie, autre nation qui surprend, en ce XVIIIe siècle : cet immense empire, conduit par des souverains éclairés, marche aussi vers la grandeur et la prospérité.