Guillaume-François Le Trosne (1728-1780) était un juriste et économiste français, membre éminent de l’école de pensée des Physiocrates aux côtés de Quesnay. Libéral radical, il prônait non seulement la liberté, mais la liberté pleine et entière, notamment sur la question du commerce des grains.
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En attendant la publication de ses Œuvres, en préparation aux éditions de l’Institut Coppet, une sélection de ses meilleurs écrits sur la liberté du commerce a été publiée sous le titre :
La liberté du commerce des grains, toujours utile et jamais nuisible, suivi d’autres textes sur le libre-échange. — Entre 1765 et 1768, après d’autres auteurs à la notoriété fugitive, le physiocrate G.-F. Le Trosne entra lui aussi dans l’arène, pour défendre la liberté du commerce des grains, point central du programme économique du groupe de Quesnay. Il le fit avec fermeté, demandant toujours une liberté « pleine et entière », et en se fondant sur des principes que ses successeurs, immédiats comme Adam Smith, ou plus lointains comme F. A. Hayek, ont reproduits. Son zèle lui dicta même de nouveaux modes de discours, comme cette « Requête des rouliers d’Orléans », qui rappelle furieusement la « Pétition des fabricants de chandelle » de Frédéric Bastiat.
Autres textes disponibles sur le site de l’Institut Coppet
Discours sur le droit des gens et sur l’état politique de l’Europe. 1762. — Pas encore physiocrate, Le Trosne définit le droit des gens comme une extension du droit naturel appliquée aux relations entre les nations, et visant à maintenir une société universelle fondée sur la justice et l’humanité. Il analyse les fondements de la propriété politique et les règles de la guerre, tout en plaidant pour une Europe unie par le commerce, la religion et la raison afin d’établir une paix durable.
Mémoire sur les vagabonds et sur les mendiants. 1764. — Dénonciation du vagabondage comme un fléau qui ruine l’agriculture et engendre la criminalité dans les campagnes françaises. L’auteur critique l’inefficacité des lois passées et propose, pour rétablir la sûreté publique, de punir les vagabonds de travaux forcés à perpétuité tout en soumettant les mendiants invalides à un contrôle policier strict.
De l’utilité des discussions économiques. 1766. — Dans ce texte de 1766, Le Trosne soutient que la science économique est la plus essentielle au bonheur des peuples, car elle conditionne leur subsistance et la paix entre les nations. Il soutient que seule une discussion libre et rationnelle peut dissiper les préjugés mercantilistes de son époque. Au passage sont défendues la liberté absolue du commerce et une limitation des fonctions de l’État à la protection des propriétés.
Correspondance de Le Trosne et Mirabeau avec la Société économique de Berne (1766-1767). — Dans cette correspondance très précieuse, Le Trosne fait état, à ses collègues et émules de Suisse, des développements de l’école physiocratique et de la pensée économique en France. La vraie signification et portée de plusieurs ouvrages, périodiques et articles qui ont compté dans l’histoire du mouvement, peut s’apprécier correctement à la lecture de ces lettres précieuses, dont on doit la publication, à la fin du XIXe siècle, à l’historien allemand de Quesnay et de la physiocratie : August Oncken.
Réflexions politiques sur la guerre actuelle de l’Angleterre avec ses colonies et sur l’état de la Russie. 1777. — En janvier 1777, dans cette brochure oubliée, le physiocrate Le Trosne commente avec enthousiasme les développements de l’indépendance des nouveaux États-Unis d’Amérique. Il prédit, à cette nation qui se donne des lois principalement fondées sur les bons principes, une prospérité et une force croissante, qui éblouiront le monde. Dans la seconde partie de son écrit, Le Trosne considère l’état de la Russie, autre nation qui surprend, en ce XVIIIe siècle : cet immense empire, conduit par des souverains éclairés, marche aussi vers la grandeur et la prospérité.