L’œuvre de Friedrich August von Hayek (1899-1992) constitue un pilier de la défense de la liberté individuelle et de l’économie de marché face au collectivisme. Figure de l’École autrichienne, il est célèbre pour avoir théorisé « l’ordre spontané » et démontré que le marché est un système de traitement de l’information bien plus efficace qu’une planification centrale nécessairement limitée par l’ignorance humaine. Bien que certains libertariens radicaux lui reprochent d’avoir laissé un rôle trop important à l’État, il demeure pour la majorité des libéraux un auteur classique et incontournable.
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Écrits de Friedrich Hayek disponibles sur le site de l’Institut Coppet
La constitution de la liberté [The Constitution of Liberty]. 1960. — Cet ouvrage cardinal de la pensée libérale propose un examen complet des fondements d’une société libre et prospère. Il joint, à une partie théorique et historique dense, un travail positif d’évaluation de la société actuelle, marquée par l’application du dirigisme économique et des principes de l’État-providence.
Abrégé de la Route de la servitude paru dans le Reader Digest. 1945. — Hayek avertit que la planification économique centralisée, même animée par de bonnes intentions, mène inévitablement au viol des libertés individuelles et à l’avènement d’un régime totalitaire. Il soutient que le système de concurrence et de propriété privée est la seule garantie réelle de liberté, car il empêche la concentration d’un pouvoir absolu entre les mains de l’État. — Cet abrégé a été distribué à 600 000 exemplaires et a fait la célébrité de Hayek.
La présomption fatale. Les erreurs du socialisme [The Fatal Conceit: The Errors of Socialism]. 1988. — Hayek démontre que le socialisme repose sur l’erreur factuelle de croire que l’intelligence humaine peut modeler délibérément la société, alors que notre civilisation dépend en réalité d’un « ordre étendu » né de processus spontanés et évolutifs. Il soutient que vouloir remplacer ces méthodes par une planification centrale est factuellement impossible et mettrait gravement en péril la survie de l’humanité en détruisant les mécanismes de connaissance du marché.
L’idéal politique de l’État de droit [The Political Ideal of the Rule of Law]. 1955. — L’État de Droit, cette notion clé des démocraties libérales occidentales, ne paraît jamais avoir été autant attaquée, et aussi peu défendue. Depuis des décennies, la concentration du pouvoir entre les mains de l’État et l’interprétation toujours plus extensive de la Constitution ont fait voler en éclats les principes qui fondaient notre république. Au gré des majorités, l’égalité devant la loi est pervertie et déformée au point de transférer en permanence des droits au bénéfice de certains individus ou groupes sociaux. À l’heure où l’état d’urgence et les sirènes du tout-sécuritaire menacent encore davantage l’État de droit, la compréhension de l’absolue nécessité de ce socle fondamental est devenue primordiale. Dans une série de conférences données au Caire, en Égypte, en 1955, le philosophe et économiste libéral Friedrich Hayek examine la portée des préceptes de l’État de droit et leur rôle dans le maintien de la justice et de la liberté au sein des sociétés modernes. Avec une grande perspicacité et un don d’anticipation certain, il souligne à quel point les atteintes portées à ces principes au cours du XXe siècle sont la source de maux et de désillusions toujours plus présents.
« L’utilisation de la connaissance dans la société » [The Use of Knowledge in Society]. 1945. — Dans cet article resté célèbre, Hayek démontre le rôle essentiel joué par les prix dans la dissémination de la connaissance. En renseignant sur l’état de la demande ou la disponibilité des différentes ressources économiques, les prix rendent possibles un calcul économique rationnel. Tout effort de planification centralisée, à l’inverse, se heurte à l’impossibilité de mobiliser dans les mains des planificateurs une connaissance qui sera toujours dispersée entre tous les agents.
« La discipline de la liberté » [Die Disziplin der Freiheit]. 1978. — La liberté n’est pas un état naturel mais une construction de la civilisation protégée par des règles de droit générales et égales pour tous. La survie d’une société libre dépend de la discipline du marché, un système autorégulateur qui exige des individus qu’ils s’adaptent à des signaux abstraits plutôt qu’à des commandements arbitraires.
Conférence du Mont Pélerin. Discours de clôture par F. Hayek. Paris le 3 mars 1984. — Friedrich Hayek retrace l’histoire de la Société du Mont-Pèlerin, depuis sa fondation en 1947, et explique son rôle crucial dans le renouveau intellectuel du libéralisme face au totalitarisme et au socialisme. Il soutient que la préservation de la civilisation occidentale repose sur le combat des idées mené par les intellectuels et par la redécouverte de notre héritage moral fait de valeurs traditionnelles comme la propriété et la famille.
« Vers des monnaies libres sur le marché » [Toward Free Market Money], Wall Street Journal, 19 août 1977. — Dans cet article, Hayek développe l’une de ses thèses les plus audacieuses : la dénationalisation de la monnaie. Il explique que le monopole gouvernemental sur l’émission de la monnaie est la cause principale de l’inflation et de l’instabilité économique.