Frédéric Passy

Frédéric Passy (1822-1912), économiste, homme politique et pacifiste français, fut le premier co-lauréat du prix Nobel de la paix en 1901. Figure centrale du libéralisme du XIXe siècle, il est un digne héritier de « l’école de la liberté » issue de Turgot et de Bastiat. Il prônait le « laissez-faire, laissez-passer » et s’opposait fermement à l’interventionnisme étatique et au socialisme. Sa contribution majeure réside dans l’application des principes libéraux aux relations internationales. Il voyait dans le libre-échange et l’arbitrage permanent les outils essentiels pour remplacer la guerre par une coopération pacifique entre les peuples.

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Plusieurs de ses écrits sont disponibles sur le site de l’Institut Coppet :

« La Paix et la Guerre », conférence faite à l’École de médecine de Paris, le 21 mai 1867. — Réfutant l’idée que la conquête militaire soit une source de véritable puissance nationale, Frédéric Passy dénonce la guerre comme un fléau qui ruine l’économie et déshumanise les sociétés. Il appelle à éliminer les conflits par une « croisade pacifique » basée sur le travail, l’industrie et la solidarité internationale, afin de bâtir une humanité unie et prospère. LaissonsFaire.No4_.Septembre2013-45-50

Discours contre la colonisation française au Tonkin. 1885. — En 1885, Frédéric Passy fait partie des quelques libéraux français qui, au milieu d’un courant d’opinion contraire, s’opposent ouvertement à la colonisation de l’Afrique et de l’Asie et plaident pour un renoncement pur et simple. Dans la péninsule cochinchinoise que nous appelons aujourd’hui le Vietnam, tout, les faits et les principes, concourt à nous faire rebrousser chemin. Les habitants du Tonkin ont leur pays, leurs terres, leur nationalité, à laquelle ils tiennent comme nous-mêmes aux nôtres. Ce n’est pas, de plus, par la force du canon ou sur des ruines fumantes qu’on bâtit la prospérité commerciale, et l’on n’échange pas fructueusement avec un peuple qu’on terrorise, qu’on pille méthodiquement après l’avoir violenté, et dont la clientèle nous coûte des millions. Si la nature, enfin, n’a pas permis que toutes les cultures puissent être entreprises partout, c’est pour forcer l’humanité à coopérer ; ce n’est pas pour que deux ou trois peuples parmi tous les opèrent de leurs mains sous toutes les latitudes, dans des pays dont le climat leur est hostile, et où, sans adaptation, ils languissent et ils meurent.

« L’avenir de l’Europe », conférence faite à la Société française pour l’arbitrage entre nations, le 14 janvier 1895. — Passy affirme que l’Europe doit choisir entre la paix et le déclin, car la course aux armements et les guerres économiques épuisent les ressources des nations et entraînent la misère. Pour éviter l’effondrement de la civilisation européenne, il préconise de remplacer la force par la justice internationale, le libre-échange et l’arbitrage.

« L’école de la Liberté », texte tirée d’une conférence faite à Genève le 9 avril 1890. — Frédéric Passy défend l’école de la liberté (ou école libérale classique) contre les accusations d’indifférence sociale, en affirmant que cette doctrine, portée par de grands penseurs comme Turgot ou Bastiat, est centrée sur les notions de responsabilité individuelle et de justice. Il soutient que le véritable remède aux maux ne réside pas dans des systèmes artificiels, mais dans le respect du droit et le développement libre.

Causeries économiques d’un grand-père. 1905. — Dialogues pédagogiques entre un grand-père et ses petits-enfants pour expliquer de manière simple et accessible les principes fondamentaux de l’économie et de la morale sociale. À travers des exemples concrets et des anecdotes, l’auteur aborde des thèmes variés comme la valeur, le travail, le rôle du capital, la solidarité ou encore l’importance de l’épargne.

Histoire d’une pièce de cinq francs et d’une feuille de papier. 1909. — Explication du rôle de la monnaie comme simple instrument d’échange facilitant les transactions humaines. Passy dénonce les préjugés historiques qui confondent les métaux précieux avec la véritable richesse, et met en garde contre les dangers du papier-monnaie sans garantie réelle et contre les illusions du crédit gratuit.

De l’enseignement obligatoire. Discussion entre MM. G. de Molinari et F. Passy, 1859. — La question au cœur du débat entre les deux économistes fut la suivante : l’État doit-il avoir un rôle minimal dans l’éducation (Molinari), consistant à obliger les familles à mettre leurs enfants à l’école, ou doit-il n’en avoir rigoureusement aucun (Passy) ?