François Quesnay (1694-1774), chirurgien de formation devenu médecin de Louis XV, fut le « maître à penser » et le fondateur de la physiocratie, la première véritable école économique libérale. Sa place est fondamentale dans l’histoire des idées de liberté car il a défendu l’existence de « lois naturelles » régissant l’économie et la société. Toutefois, son libéralisme peut être jugé problématique car sa formation de médecin l’a conduit à concevoir la société comme un organisme rigide où l’individu s’efface parfois derrière des mécanismes quasi biologiques. En comparaison avec des physiocrates plus radicaux ou des successeurs comme Turgot, sa pensée reste donc paradoxalement en retrait.
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Ses Œuvres sont en cours de préparation aux éditions de l’Institut Coppet.
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Disponible en version papier :
Despotisme de la Chine. 1767. — Au milieu du XVIIIe siècle, après avoir servi dans l’arsenal des philosophes pour faire avancer la tolérance religieuse en Europe, le modèle de la Chine inspire désormais les économistes dans leur promotion d’une société libre et prospère, fondée sur les principes de la liberté du travail, de la propriété privée et de l’ordre social. Pour François Quesnay, chef de file des physiocrates, l’empire chinois peut servir de modèle, et inspirer des réformes dans la perception de l’impôt, la mission du gouvernement, ou encore la constitution de l’autorité, à une Europe qui s’éveille, mais manque d’exemples pour mieux se conduire.
Disponible en version texte seul :
Observations sur les effets de la saignée. 1730. — Premier ouvrage médical de F. Quesnay, qui n’est pas sans similitude avec certains aspects de sa pensée économique future. Dans ce livre, il analyse les mécanismes physiques de la saignée, à savoir la dérivation, l’évacuation et la révulsion, et critique des théories de Silva sur le sujet.
Extrait de l’Essai physique sur l’économie animale, volume 3 (1747), formant un Petit traité des connaissances et des facultés de l’homme. — En philosophe plus encore qu’en médecin, Quesnay examine le mécanisme machinal des fonctions corporelles et les différentes facultés de l’âme, notamment l’âme sensitive, commune aux animaux, et l’âme raisonnable, qui est propre à l’être humain. Il explique ainsi comment les sensations et le discernement passif servent de fondement universel aux perceptions, permettant ensuite à l’homme de développer des connaissances intellectuelles uniques grâce à l’exercice de sa raison.
Article Évidence pour l’Encyclopédie. 1756. — L’évidence est une certitude naturelle et indéniable issue de l’observation de nos propres sensations. Quesnay poursuit ici ses premiers travaux de médecine et de philosophie, en développant à nouveau une philosophie sensualiste dans laquelle nos pensées, jugements et connaissances découlent passivement de l’expérience des sens et du mécanisme corporel de la mémoire.
Article Fermiers pour l’Encyclopédie. 1756. — L’agriculture souffre en France d’un grave dépérissement. On y voit surtout prédominer la « petite culture » par des métayers pauvres utilisant des bœufs, un système trois fois moins productif et bien plus onéreux que la « grande culture » pratiquée par de riches fermiers avec des chevaux. Pour rétablir la prospérité du royaume et multiplier ses richesses, le gouvernement doit impérativement protéger les fermiers en instaurant la liberté du commerce extérieur des blés et en remplaçant l’imposition arbitraire par des règles fixes et transparentes.
Article Grains pour l’Encyclopédie. 1757. — Suite logique du précédent. L’agriculture française se trouve aujourd’hui presque anéantie en raison des restrictions sur le commerce des grains et de la préférence gouvernementale accordée aux manufactures de luxe. Pour rétablir la richesse et la population de la nation, il faut instaurer une taille proportionnelle et prévisible et garantir la pleine liberté de l’exportation des blés.
Le Tableau économique, ses trois versions (1758-1759). — Les trois versions successives du Tableau économique, conçues entre la fin de l’année 1758 et la seconde moitié de l’année 1759. Schématise de la circulation et de la distribution des flux financiers, à partir d’hypothèses de dépenses et de recettes variables, entre les différentes classes de la société.
Article Hommes, prévu pour l’Encyclopédie. 1757. — L’accroissement de la population dépend directement de la prospérité économique et des revenus, lesquels sont stimulés par une agriculture florissante et une entière liberté de commerce avec l’étranger. À l’inverse, les guerres continuelles, les impôts excessifs, les milices obligatoires et les prohibitions commerciales ruinent le peuple, dépeuplent les campagnes et entraînent inévitablement la décadence de la nation.
Article Impôts, prévu pour l’Encyclopédie. 1757. — Les impôts devraient être assis uniquement sur les revenus annuels issus des biens-fonds. Les taxes sur la consommation ou sur les richesses productives des cultivateurs entraînent des frais de perception exorbitants et ruinent un État. Quesnay préconise l’établissement d’une taille proportionnelle et fixe, indexée sur le prix du fermage, afin de garantir la sécurité financière des laboureurs et d’accroître durablement les revenus du souverain grâce à la prospérité agricole.
Questions intéressantes sur la population. 1758. — Essai sur les moyens de régénérer l’économie française, sous forme d’enquête agricole. Quesnay souligne à nouveau qu’un gouvernement ne doit pas contraindre ni diriger l’agriculture, car toute atteinte à la liberté nuit directement à la production et aux améliorations de ce grand art.
Maximes générales du gouvernement économique d’un royaume agricole. 1758. — Série de soi-disant axiomes économiques et politiques : la terre est l’unique source de richesse ; la prospérité de l’État dépend de la protection absolue du droit de propriété ; l’autorité souveraine doit être unique ; la liberté du commerce intérieur et extérieur doit être pleine et entière ; l’impôt doit être prélevé directement sur le produit net des biens-fonds afin de ne pas détruire les avances financières indispensables aux cultivateurs ; etc.
Observations sur le droit naturel des hommes réunis en société (Journal de l’agriculture, du commerce et des finances, septembre 1765). — Le droit naturel, défini comme l’accès aux choses nécessaires à la jouissance humaine, dépend des capacités de chacun et se réalise concrètement par le travail plutôt que par un droit illimité et chimérique de tous à tout. Un gouvernement idéal doit soumettre sa législation aux lois naturelles, physiques et morales dictées par la raison, afin d’assurer la prospérité et la véritable liberté.
Études sur François Quesnay et son œuvre
Le Docteur Quesnay : chirurgien, médecin de Madame de Pompadour et de Louis XV, physiocrate, par Gustave Schelle. 1907. — Toute l’aventure de ce brillant médecin, devenu par la force de ses idées conseiller des princes et chef vénéré d’une poignée d’économistes, est racontée, dans ce livre, par l’un des plus grands spécialistes des économistes français du siècle des Lumières. Au-delà de la simple biographie de Quesnay, on y trouvera également une présentation claire des grands principes de la Physiocratie, cette école de pensée dont Adam Smith, dans sa Richesse des Nations, avait été jusqu’à dire qu’elle était « ce qu’on a publié de plus proche de la vérité sur ce sujet ».
Quesnay et la physiocratie, par Yves Guyot. 1896. — Présentation de la vie et de la pensée de François Quesnay, fondateur de la physiocratie, soulignant son rôle de précurseur du libéralisme économique moderne. Guyot y analyse les théories fondamentales de Quesnay, telles que la centralité de l’agriculture, l’importance du droit de propriété et la nécessité de la liberté du commerce.
« François Quesnay, économiste à la cour de Versailles » (YouTube, 4 minutes), par Benoît Malbranque. (2018) — En 1749, devenu médecin personnel de la favorite du roi Louis XV, François Quesnay s’installe à Versailles où il va poser les fondements de la science économique et former la première école de pensée économique de l’histoire : la Physiocratie.
Voir aussi un chapitre sur François Quesnay, dans Les économistes français du XVIIIe siècle, par Léonce de Lavergne. 1870.