Juriste, historien et sénateur de la Troisième République, Édouard Laboulaye fut l’un des plus fervents promoteurs du modèle démocratique américain en France au XIXe siècle. Il a profondément marqué le libéralisme français en définissant un « libéralisme nouveau » qui, au-delà de la forme du régime, insistait sur les libertés individuelles, la séparation de l’Église et de l’État et la liberté de l’enseignement. Sa contribution la plus emblématique reste l’initiative de la Statue de la Liberté, conçue comme un symbole politique destiné à célébrer l’émancipation et à encourager l’enracinement des idéaux libéraux face à l’autoritarisme.
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Ses principaux écrits sont disponibles sur le site de l’Institut Coppet :
Histoire politique des États-Unis. 1855-1867. — Pour fonder la liberté en France, étudier l’Amérique peut servir : non sans doute pour copier servilement un modèle qu’on répliquerait sans l’entendre, mais pour y chercher des exemples, des leçons. C’est l’entreprise que Tocqueville a accompli avec la Démocratie en Amérique, et à laquelle Édouard Laboulaye, animé par les mêmes préoccupations et les mêmes convictions libérales, a aussi participé, sans atteindre à la même célébrité. Dans les trois volumes de ses leçons américaines données au Collège de France, il étudie tour à tour les premières colonies américaines, les faits de la révolution, et la constitution. Avec un esprit critique et de synthèse, il raconte les espoirs d’une société fondée sur la liberté et le droit, qu’il est toujours question, aujourd’hui, de rendre réalité.
Le parti libéral, son programme et son avenir. 1863. — À l’époque où la conscience politique du peuple français se réveillait et réclamait davantage de libertés, Édouard Laboulaye (1811-1883) composa ce petit livre pour fournir un programme cohérent aux âmes de bonne volonté qui en manquaient. Formulée dans un langage clair, sa défense conjointe la décentralisation, de la liberté d’entreprendre, de la séparation de l’Église et de l’État, pour fonder véritablement une France libérale, n’est pas une page d’histoire : c’est le rappel nécessaire des conditions éternelles des sociétés ouvertes, tournées vers le progrès.
Paris en Amérique. 1863. — Ce roman raconte l’histoire du docteur René Lefebvre, un Parisien conservateur qui, après avoir pris une pilule magique tendue par un spirite américain, se réveille dans un Paris transformé à l’image des États-Unis. Par cette expérience de voyageur malgré lui, il découvre avec stupeur, puis admiration, les libertés civiles, religieuses et politiques américaines.
Introduction aux Œuvres de W. E. Channing : De l’esclavage. 1855. — Laboulaye souligne la dimension morale et chrétienne du combat de Channing contre l’esclavage aux États-Unis. Il oppose la sagesse humaniste de Channing aux compromis politiques de ses contemporains, affirmant que la justice et la liberté doivent primer sur les petites considérations politiques.
« Pif Paf ou l’art de gouverner les hommes ». Extrait des Contes Bleus. 1864. — Dans le royaume des Herbes-Folles, le roi Bizarre confie l’éducation de son fils rebelle, le prince Charmant, à la jeune et spirituelle Pazza qui réussit à l’instruire par des méthodes peu conventionnelles. Bien des années plus tard, après un mariage marqué par la vengeance et une fausse disparition de la reine, le couple finit par se réconcilier après que Pazza a sauvé le trône des complots d’un ministre perfide.