Condillac

Philosophe de la sensation et du langage, Étienne Bonnot de Condillac a appliqué sa méthode analytique à l’économie dans son ouvrage Le commerce et le gouvernement (1776). Il s’y distingue des physiocrates en affirmant que la valeur naît de l’utilité subjective et que l’échange profite aux deux parties, mais défend comme eux une liberté économique radicale face à l’intervention de l’État.

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Réédition de son ouvrage classique :

Le commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre. 1776.

Si l’on peut soutenir à la rigueur que l’année 1776 sonne la naissance de la science économique, c’est à condition d’accorder des mérites de premier ordre à Condillac, qui publie cette année-là son traité d’économie politique sous le titre : Le commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre. Car sur les échanges et la liberté du commerce, sur la concurrence et la liberté du travail, comme sur la monnaie et les quelques attributions légitimes de l’État, il offrait des aperçus plus clairs, plus modernes, qu’Adam Smith. Par sa méthode et son langage, peut-être plus que ses doctrines, il se montrait aussi capable d’innover sur ses prédécesseurs immédiats, les physiocrates, et de façon heureuse.


Études sur Condillac et sur sa contribution au libéralisme

« Condillac », par Benoît Malbranque (Dictionnaire de la tradition libérale française). — B. Malbranque présente Condillac comme un philosophe rigoureux qui a unifié la philosophie et l’économie en appliquant sa méthode analytique et son attention au langage à l’étude des faits économiques. Bien que souvent assimilé aux physiocrates par ses contemporains, il s’en distingue par sa vision de l’échange fondé sur l’utilité subjective et sa reconnaissance de la productivité de l’industrie et du commerce.

Commerce vs. Gouvernement, par Jérémie Rostan. — Ce livre présente les principes de la science économique et de la philosophie libérale à travers l’œuvre d’Étienne Bonnot de Condillac, en démontrant comment le libre-échange et la propriété individuelle favorisent naturellement la prospérité. En parallèle, il analyse les mécanismes par lesquels l’interventionnisme gouvernemental — qu’il s’agisse de taxes, de monopoles ou de manipulations monétaires — entrave cette dynamique et conduit inévitablement au déclin économique.

Entretien avec Jérémie Rostan par Grégoire Canlorbe. — Dans cet entretien, Jérémie T.A. Rostan définit le libéralisme comme une philosophie fondée sur le droit inaliénable à la propriété de soi et sur le respect des échanges volontaires. Il y défend une approche praxéologique de l’économie, inspirée par Condillac et l’école autrichienne, tout en distinguant la morale (devoirs obligatoires) de l’éthique (préférences personnelles) pour légitimer le marché libre.