Trop tôt disparu, Charles Coquelin (1802-1852) avait assumé un rôle de pilier au sein de l’école libérale française. Sa contribution majeure réside dans sa défense rigoureuse de la liberté des banques et du crédit, thèses qu’il a développées dans son ouvrage de référence Le Crédit et les Banques (1848). Libéral engagé, il a également lutté activement pour le libre-échange aux côtés de Frédéric Bastiat, dirigeant notamment le journal Le Libre-Échange et coordonnant la rédaction du monumental Dictionnaire de l’économie politique. Sa candidature à l’Assemblée n’a pas abouti et il est mort laissant derrière lui plusieurs projets d’ouvrages.
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Écrits de Charles Coquelin disponibles sur le site de l’Institut Coppet
Du Crédit et des Banques. 1848. — Ce livre est un plaidoyer pour la liberté des banques. Coquelin affirme que le crédit n’est pas une fiction mais un moteur essentiel de l’économie. Il demande l’abolition des monopoles bancaires et des entraves aux associations commerciales, qui ne font que ralentir le développement économique et provoquer des crises régulières.
« Les crises commerciales et la liberté des banques », Revue des Deux Mondes, 1848. — Dans cet article de 1848, Charles Coquelin sonne la charge contre le système de banque privilégiée, qu’il accuse de multiplier les crises. « Il trompe le commerce, écrit-il, en ne l’excitant aujourd’hui que pour l’abandonner demain ; il l’induit dans des opérations qu’il ne lui permet pas ensuite de soutenir, et, par là, il l’expose à d’incalculables pertes. » L’alternative, l’auteur la trouve dans la liberté des banques.
« L’organisation du travail », Journal des économistes, avril 1848. — Charles Coquelin dénonce le projet d’« organisation du travail » comme une utopie antisociale qui, en substituant la réglementation étatique à la liberté, risque de ruiner l’industrie française et d’aggraver la misère ouvrière. Il soutient que la véritable solution réside dans l’application du principe « laissez faire, laissez passer », consistant à libérer l’activité humaine des monopoles et des entraves pour permettre à l’ordre naturel et providentiel de s’établir et se maintenir.
« Concurrence » (article du Dictionnaire de l’économie politique). 1853. — La concurrence est un principe universel et providentiel qui, bien au-delà d’un simple stimulant commercial, agit comme le régulateur invisible et infaillible de l’ordre social et du progrès humain. Coquelin soutient que ce mécanisme naturel est seul capable de déterminer la juste valeur des choses et de répartir harmonieusement le travail selon les besoins de la société. Toute intervention étatique est, à ce titre, aussi inutile que néfaste.
Études sur Charles Coquelin, ses écrits et son action
Charles Coquelin, sa vie et ses travaux, par Georges de Nouvion. 1908. — Dans cette étude, G. de Nouvion brosse le portrait de Charles Coquelin comme celui d’un économiste brillant et profondément probe, doté d’une intelligence vive et d’une mémoire remarquable. Il souligne toutefois son imprévoyance notoire en affaires et son désintérêt pour son profit personnel, des traits de caractère qui l’ont conduit à l’échec dans ses entreprises commerciales et l’ont éloigné de la profession d’avocat. L’originalité de Coquelin réside, selon l’auteur, dans sa capacité à redécouvrir par lui-même des théories complexes, comme celle de la rente de Ricardo, et dans son approche pragmatique de l’économie, appuyée sur une connaissance approfondie des faits industriels. Son style se distingue par une diction élégante et une élocution claire, qualités héritées de sa passion pour les grands classiques de la littérature française.
« Charles Coquelin », par Benoît Malbranque (Dictionnaire de la tradition libérale française). — Benoît Malbranque présente Charles Coquelin comme un économiste et vulgarisateur de premier ordre, doué d’une grande capacité mais injustement oublié par l’histoire. Il regrette que la carrière de ce théoricien novateur ait été trop brève et que ses travaux originaux soient aujourd’hui largement méconnus ou perdus.