Autres auteurs, et textes contemporains sur le libéralisme

Depuis 2010, l’Institut Coppet a multiplié les travaux sur le libéralisme. Voici un recensement de quelques-unes des publications les plus importantes.

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Le libéralisme au sein de multiples traditions de pensée

« L’importance historique de l’école de Salamanque », par Lew Rockwell. — Francisco de Vitoria, Martín de Azpilcueta, Luis de Molina, et d’autres, n’étaient pas des économistes en tant que tels, mais des théologiens moraux du XVIe siècle, formés dans la tradition de saint Thomas d’Aquin, et ils vinrent à être nommés collectivement les « scolastiques tardifs ». Ces hommes, dont la plupart ont enseigné en Espagne, sont au moins aussi favorables au libre marché que le sera la tradition écossaise beaucoup plus tard. De plus, leur fondement théorique est encore plus solide : ils ont anticipé les théories de la valeur et des prix des « marginalistes » de la fin du XIXe siècle en Autriche.

« Le libéralisme dans la pensée chinoise classique », par Benoît Malbranque. — Des concepts tels que le « laisser-faire » (wu-wei), la responsabilité individuelle et la primauté du peuple sur le souverain sont déjà centraux chez les philosophes classiques chinois. Confucius et Mencius ont posé les bases d’une éthique de la responsabilité individuelle, tandis que les taoïstes radicalisent la vision classique du « non-agir », affirmant que le monde s’épanouit lorsqu’il est laissé à sa propre spontanéité.

Les fondements islamiques d’une société libre (Collectif). Traduit par Marc Lassort et Benoît Malbranque. — Les auteurs, des universitaires reconnus, estiment que l’Islam est non seulement compatible avec la liberté individuelle, le droit de propriété et l’économie de marché, mais que ces principes sont au cœur de l’Âge d’or islamique. Selon eux, le déclin actuel du monde musulman n’est pas de nature religieuse, mais la suite d’interprétations dogmatiques et à des structures étatiques oppressives qu’il convient de réformer par un retour à la raison et au pluralisme intellectuel.


Études générales

Histoire de la liberté, par David Boaz. 1988. — Ce texte trace un historique du libéralisme, de ses racines antiques et religieuses jusqu’à l’émergence du mouvement libertarien moderne, en mettant l’accent sur la lutte constante entre la liberté individuelle et le pouvoir étatique. David Boaz explique comment les idées de droits naturels, de tolérance et de gouvernement limité ont façonné l’Occident, avant d’être profondément attaquées.

L’individualisme économique et social, par Albert Schatz. 1907. — Ce livre retrace l’évolution de la pensée individualiste depuis ses racines psychologiques et le mercantilisme jusqu’à ses diverses manifestations au XIXe siècle (libéralisme, sociologie, christianisme social). L’auteur défend l’individualisme non pas comme une apologie de l’égoïsme, mais comme une doctrine réaliste visant l’épanouissement de l’individu au sein d’un ordre économique stable.


Sur quelques auteurs majeurs du libéralisme depuis le XVIIIe siècle

La fable des abeilles, par Bernard Mandeville. 1705. — Mandeville soutient la thèse paradoxale selon laquelle les « vices privés », tels que le luxe, la vanité et l’envie, sont les moteurs essentiels de la prospérité économique et du développement des arts dans une société. À travers l’allégorie d’une ruche qui périclite dès qu’elle devient subitement honnête et vertueuse, il démontre qu’une nation ne peut être à la fois florissante et parfaitement morale.

Abrégé de la Richesse des Nations d’Adam Smith. — Quoique la Richesse des Nations (1776) soit devenue un monument de la pensée économique mondiale, où figurent des idées cardinales de l’économie de marché comme la loi de l’offre et de la demande, la division du travail ou l’intérêt personnel, c’est aussi un ouvrage volumineux, où les fresques historiques abondent. Pour permettre la lecture de l’« économie politique » de Smith de manière aisée, à une époque où le suffrage universel a rendu nécessaire la popularisation de cette science, l’économiste Jean-Gustave Courcelle-Seneuil a conçu, en 1888, le projet de cet abrégé. On y trouve du maître écossais toutes les contributions qui ont immortalisés son nom, sans les appréciations qui, à un siècle, et aujourd’hui à deux siècles de distance, seraient superflues pour un lecteur seulement curieux de s’initier dans la prose du XVIIIe siècle, à l’un des auteurs et l’un des ouvrages les plus influents qui aient jamais paru.

Essai sur les limites de l’action de l’État, par Wilhelm von Humboldt. 1792. — Le but ultime de l’être humain est le développement libre, complet et diversifié de ses facultés individuelles. L’auteur en conclut que l’État doit restreindre son intervention au maintien strict de la sûreté des citoyens, en s’abstenant de toute action visant leur bien-être positif ou leur moralité, et ce afin de préserver leur autonomie et leur énergie.


Sur l’école autrichienne d’économie

Introduction à l’école autrichienne d’économie, par Eamonn Butler. — L’École autrichienne d’économie est une école de pensée économique hétérodoxe qui développe, sur la base d’une méthodologie subjectiviste, une analyse des processus de marché et de la société qui met l’accent sur le rôle de la propriété privée, de la concurrence et de la liberté individuelle. Dans ce petit livre, Eamonn Butler vous introduit aux grands axes de pensées et aux grands auteurs de cette tradition intellectuelle plus que jamais actuelle.

L’école autrichienne, par J. Huerta de Soto. – Composée par l’un de ses plus grands représentants actuels, et traduite en cinq langues, cette introduction à l’école autrichienne vous fait découvrir, par une série de panoramas, les grands auteurs, les ouvrages cardinaux et les concepts clé d’une tradition de pensée riche et vivante.

Anthologie de Wenzel. 30 textes majeurs de la pensée libertarienne. — Sommaire : La tâche qui attend les libertariens. Par Henry Hazlitt. — Qu’est-ce que le fascisme ? Par Lew Rockwell. — Liberté économique et ordre social. Par Wilhelm Röpke. — caractère à part de la science économique. Par Ludwig von Mises. — Ce que la médecine soviétique nous enseigne. Par Yuri N. Maltsev. — Les dépressions économiques : causes et remèdes. Par Murray N. Rothbard. — Plus de productivité : une dérive dangereuse ? Par David Gordon. — La vérité sur les impôts. Par Murray N. Rothbard. — L’économie selon Adolf Hitler. Par Lew Rockwell. — Voir l’invisible. Par Lew Rockwell. — Le sommet des pastèques. Par Thomas J. DiLorenzo. — De l’égalité et de l’inégalité. Par Ludwig von Mises. — Penser comme un économiste. Par Murray N. Rothbard. — Les principes diaboliques du plan de santé. Par Murray N. Rothbard. — Les vices ne sont pas des crimes. Par Murray N. Rothbard. — Répudier la dette publique. Par Murray N. Rothbard. — Le sophisme du secteur public. Par Murray N. Rothbard. — La route vers le totalitarisme. Par Henry Hazlitt. — Les multiples faillites du keynésianisme. Par Lew Rockwell. — Comment le salaire minimum rend des emplois hors-la-loi. Par Murray N. Rothbard. — Y a-t-il un droit de propriété sur l’eau ? Par Murray N. Rothbard. — Logement : faut-il défendre les marchands de sommeil ? Par Walter Block. — A-t-on le droit de discriminer ? Par Lew Rockwell. — Comment aider les pauvres et les opprimés ? Par Walter Block. — Tout ce que vous devez au capitalisme. Par Lew Rockwell. — Y a-t-il un droit à la syndicalisation ? Par Walter Block. — Et si on abolissait les écoles publiques ? Par Lew Rockwell. — Pourquoi être un économiste autrichien ? Entretien avec Robert Higgs. — La science économique et le courage moral. Par Llewellyn H. Rockwell, Jr. — Détestez-vous l’État ? Par Murray N. Rothbard.


Figures modernes et contemporaines

Qui a peur d’Ayn Rand ? Une étude critique, par Jean Laberge. — Cet essai de Jean Laberge (professeur de philosophie au Canada) présente la philosophie d’Ayn Rand, l’Objectivisme, en cherchant à réhabiliter cette pensée souvent ostracisée par le milieu universitaire francophone. Il analyse ses fondements— métaphysique réaliste, primauté de la raison et éthique de l’égoïsme rationnel — en les confrontant systématiquement aux principes d’Aristote, que Rand considérait comme sa seule influence majeure.

La philosophie esthétique d’Ayn Rand par Yorick de Mombynes. — Après avoir vendu des millions de romans aux États-Unis, dont We The Living (1936), The Fountainhead (1943) et surtout Atlas Shrugged (1957), la philosophe et romancière Ayn Rand (1905-1982) a élaboré un système de pensée complet, « l’Objectivisime », reposant sur les cinq piliers classiques de la philosophie : métaphysique, épistémologie, politique, éthique, esthétique. Dans The Romantic Manifesto (1969), elle expose une philosophie esthétique aux antipodes des conceptions actuellement les plus répandues. — Yorick de Mombynes esquisse ici un résumé de ce livre qui, plus de quarante ans après sa parution, n’était toujours pas traduit en langue française. Ce résumé s’attache à suivre l’ordre précis des chapitres de l’ouvrage et ne contient aucun ajout ni commentaire.

#Freudo-Libéralisme. Les sources libérales de la psychanalyse, par Raphaël Krivine. — Ramifications entre le libéralisme et la psychanalyse. Raphaël Krivine s’appuie sur une approche transversale : histoire, comparaisons des textes d’auteurs emblématiques, regard sur l’usage appliqué de la psychanalyse dans le monde de l’entreprise et sur l’économie de la discipline freudienne, pour mettre en lumière ce qu’il appelle le freudo-libéralisme, le libéralisme qui s’intéresse à la propriété de soi-même.

Le libéralisme d’Alain, par Jérôme Perrier. — Le philosophe Alain est rarement considéré comme un penseur politique de premier plan. À tort. Ses réflexions en la matière, nombreuses, sont beaucoup plus profondes et autrement plus originales qu’on ne le croit généralement, et l’inventeur des Propos est bien davantage que le simple « philosophe du bonheur pour classe terminale » qu’on a coutume de présenter — et de citer, beaucoup plus que de lire. Circonstance aggravante, sa philosophie politique, quoiqu’authentiquement démocrate, apparaît dans le même temps viscéralement individualiste et libérale ; ce qui s’avère être une tare rédhibitoire aux yeux de beaucoup d’intellectuels français, et ce qui a certainement joué un rôle non négligeable dans l’oubli presque complet dans lequel est tombé cet aspect de son œuvre au XXe siècle, c’est-à-dire à l’époque tragique des totalitarismes et de l’État-roi.

Déflation et liberté, par Jörg Guido Hülsmann. — La déflation n’est pas une catastrophe économique mais un mécanisme nécessaire pour purger le marché des investissements non rentables hérités de l’ère de l’inflation. Pour préserver nos libertés face à l’étatisme croissant, il faut rejeter la manipulation monétaire par l’État et accepter la déflation comme une étape vers la restauration d’une monnaie saine et d’un marché libre.

Faut-il avoir peur du libéralisme ?, Thierry Falissard. — Le libéralisme est une philosophie centrée sur l’éthique et le consentement, qui fait de la liberté et de la propriété les fondements d’une société harmonieuse et prospère. À travers 21 questions, Thierry Falissard explique que, nullement menaçant, le libéralisme propose de limiter ou de supprimer la coercition étatique pour favoriser la coopération spontanée et pacifique entre les individus.